Relents protectionnistes ?

Le ministre français de l’industrie Christian Estrosi a lancé mardi un Observatoire du “fabriqué en France”. En perte de vitesse, la France, plutôt que s’attaquer à ses maux structurels expliquant son déficit de production industriel, entend-elle stigmatiser “la concurrence internationale” ? Espérons que non, et que cet Observatoire ne devienne pas un instrument d’un protectionnisme qui cache son nom.

Une question à se poser…

Effectivement, ne sommes-nous pas à la veille d’une nouvelle crise financière ? Voir l’analyse de George Pauget : http://www.lesechos.fr/info/inter/020574077635-sommes-nous-a-la-veille-d-une-nouvelle-crise-financiere-.htm

Fannie et Freddie : l’art du transfert de responsabilité

Aux USA les organismes parapublics Fannie Mae et Freddie Mac font désormais la chasse aux prêts subprimes dont ils estiment que les problèmes sont imputables au laxisme des banques dans leur évaluation du risque des emprunteurs. Dans une étude, l’agence de notation Fitch a estimé entre 17 et 27 milliards de dollars les pertes, que causerait cette nouvelle politique, aux quatre plus grands prêteurs immobiliers du pays (JPMorgan, Citigroup, Bank of America et Wells Fargo). Si l’on ne peut que se réjouir qu’enfin les banques, ayant failli dans leur évaluation et gestion du risque de défaut, assument les conséquences de leurs choix, il est étonnant que les deux organismes de refinancement hypothécaire se dédouanent complètement de leur part de responsabilité dans l’histoire. En effet, il est bon de rappeler que ce sont Fannie et Freddie qui ont refinancé les banques ayant accordé des crédits subrprimes. Autrement dit, si Fannie et Freddie n’étaient pas là, les banques n’auraient pas été si loin dans leurs prises de risque excessive en octroyant des crédit à des ménages qui n’auraient pas dû y accéder.

Le problème essentiel était en réalité que  d’un côté, Fannie et Freddie étaient des firmes privées mais, de l’autre côté, elles avaient la garantie que l’Etat épongerait leurs dettes. C’est-à-dire que c’est l’Etat, avec l’argent du contribuable, qui prendrait en charge le risque en cas de déboires financiers. Et c’est ce qui s’est passé.

Sachant qu’il était acquis que l’Etat américain allait garantir leurs dettes, Fannie et Freddie pouvaient emprunter à des taux plus avantageux que des vraies firmes du secteur privé. Cela signifiait donc qu’ils ont accumulé bien plus de risques et sont de fait responsables en amont de la crise des subprimes. Les politiciens et régulateurs qui auraient dû les remettre sur le droit chemin ne l’ont pas fait, en partie parce que les deux géants ont usé de leurs réseaux d’influence, et en partie du fait leur image séduisante de « promoteurs de la propriété immobilière individuelle ».

Tant que Fannie et Freddie profitent du  copinage entre les politiciens et les financiers et que leur statut privilégié n’est pas remis en cause le problème subsistera et il y aura de nouvelles crises dans l’avenir.

Esclavage de plus en plus explicite en Corée du Nord

Le communisme est une forme d’esclavage, on le savait déjà. Mais d’un esclavage implicite (aucune liberté civile ou économique) Pyongyang se lance maintenant ouvertement dans le trafic d’humains…

La Corée du Nord s’apprêterait à “exporter” 5000 ouvriers vers la Mongolie, leur salaire étant directement versé sur les comptes de Kim Jong-il, le dictateur Stalinien du “royaume ermite”. Human Rights Watch y voit là une nouvelle forme de trafic humain.

La pratique ne serait pas nouvelle selon Le Figaro :

Depuis quelques années, l’ombre des travailleurs nord-coréens plane sur les chantiers des pays émergents de l’Afrique à l’Asie du Sud-Est en passant par le Moyen-Orient. En Afrique du Sud, on les soupçonne d’avoir bâti les stades de la Coupe du monde de foot.

La Corée du Nord ne figure malheureusement pas dans La liberté économique dans le monde : Rapport annuel 2009, mais on peut spéculer avec une franche certitude qu’elle serait dernière.

Le pire du pire

L’économiste ghanéen George Ayittey recense la crème de la crème en matière de dictateurs, en Afrique et ailleurs :

http://www.foreignpolicy.com/articles/2010/06/21/the_worst_of_the_worst

L’industrie textile libère les femmes du Banglasdesh

Le travail dans l’industrie textile en Asie n’est pas le fait de l’esclavage. Au contraire, dans certaines zones où les femmes sont soumises à un Islam très conservateur, le fait de travailler dans l’industrie textile peut être un moyen de gagner son indépendance, comme ce correspondant au New York Times (journal qu’on ne peut pas accuser d’avoir un biais en faveur de la mondialisation…) le constate.

Une preuve que le commerce international favorise le progrès social peut se mesurer dans le taux d’inscription des jeunes filles à l’école ; un économiste de la Yale School of Management a constaté qu’un doublement du nombre d’emplois dans l’industrie textile au Bangladesh augmente la probabilité que les filles de 5 à 18 ans aillent à l’école de 6.71 %.

L’âge de la première grossesse est aussi retardé par le commerce puisqu’il semblerait que les jeunes filles profitent de ces emplois surtout entre 16 et 19 ans. Ce que l’ONU n’a pas réussi à faire avec l’éducation, la mondialisation l’a fait avec le commerce.

Le journaliste du NYT conclut sur un joli témoignage ; une jeune fille de 20 ans travaillant dans le textile qui affirme vouloir attendre encore quelques années avant de se marier et fonder une famille pour s’assurer d’avoir de quoi envoyer ses enfants à l’école. Comment mieux illustrer le fait que le libre-échange est un moteur du progrès social ?

Retour sur l’échec d’Oslo…

Peu de médias en parlent, pourtant cela devrait être une bombe. Dans une vidéo privée de 2001, rendue publique il y a quelques jours, le premier Ministre israélien Benyamin Netanyahou affirme avoir fait capoter les accords d’Oslo et que Washington peut être facilement manipulable. L’analyse sans complaisance de Gideon Levy dans Haaretz.

Agences de notations : chinoiseries ?

Plusieurs économistes reprochent aux agences de notations américaines (Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch) d’avoir joué un rôle dans la crise dite des « surprimes ». D’autres, plus modestes, pensent que le rôle des agences de notations dans la crise, s’il en est un, est dû à une barrière légale à l’entrée sur ce marché. En effet, ces trois sociétés s’étaient vu décerner le privilège d’être les seules à émettre des notes reconnues par la réglementation, interdisant de jure toute concurrence. Sans concurrence, la qualité des notes publiées se serait dégradée pour éventuellement ne plus refléter la réalité et a donc ainsi contribué à la survalorisation des titres issus de l’immobilier américain.

Hier 14 juillet, une toute nouvelle agence a vu le jour, et compte concurrencer ces agences de notation dans un autre secteur où elles n’ont de facto aucune concurrence ; la notation des dettes souveraines. Les trois mêmes sociétés de notations mises en cause dans la crise des» surprimes » sont en effet les seules à décerner des notes sur les dettes des pays, même si cela n’est pas dû, cette fois-ci, à une barrière légale à l’entrée.

Ironie du sort, les notes publiées par cette société chinoise, la Dagong International Credit Rating Co., sont plus pessimistes que les trois agences de notations historiques américaines, avec entre autres la note de AA- avec des perspectives négatives pour la France (au lieu de AAA, la note maximale). Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch ont beaucoup été critiquées de ne pas oser franchir le pas et abaisser l’idyllique AAA de la France. Rappelons que dans La liberté économique dans le monde : Rapport annuel 2009, à la composante « taille de l’État » la France s’est classée 101e sur les 141 pays étudiés, et que de nombreuses commissions et rapports mettent sérieusement en garde contre la dette de l’État français.

Interdiction du port du voile intégral : un progrès ?

Les députés français ont adopté hier le projet de loi sur l’interdiction du port du voile intégral dans les espaces publics. Le Sénat se prononcera en septembre. Une telle loi serait-elle un progrès ? S’attaque-t-elle réellement à la racine du problème de la soumission des femmes totalement voilées ? Il est permis d’en douter. Voir nos articles liés à ce sujet de l’intégration sur ce site :
De la burqa par Drieu Godefridi.
Identité nationale et immigration : le faux débat par Emmanuel Martin.

Interdire les centres d’appel Off-Shore aux opérateurs français : la bonne solution ?

Interdire les sociétés de téléphonie et d’internet de délocaliser leurs centres d’appels semble être la dernière trouvaille du gouvernement français pour stopper l’hémorragie des pertes d’emplois en France. Le nombre d’emplois délocalisés, selon Bercy, a été multiplié par 6 entre 2004 et 2009, passant de 10 000 à 60 000. Laurent Wauquiez, le secrétaire d’État à l’Emploi projette, entre autres, de taxer les entreprises ayant recours à des centres d’appels délocalisés, aider celles qui se tournent vers le 100 % français ou encore à dresser une liste des mauvais élèves. Une telle mesure sera-t-elle efficace ?

Il faut rappeler ici que la priorité des donneurs d’ordre ce sont les volumes d’appels traités, non la qualité. Au regard de l’accroissement des souscriptions à Internet ou à des abonnements téléphoniques, cela fera augmenter les coûts. Ainsi, la surtaxe projetée risque d’être répercutée sur le client, sans oublier les effets pervers de cette ingérence consistant à téléguider la gestion interne des entreprises. En réalité, au nom de la préservation des emplois, le gouvernement français ne fait qu’imposer une mesure protectionniste déguisée. Sauf, qu’il oublie au passage que la sauvegarde des emplois ne se décrète pas. Si on oblige les entreprises françaises à ne pas utiliser les centres d’appel off-shre, elles pourraient même délocaliser l’ensemble de leurs activités pour faire face à l’exacerbation de la concurrence mondiale dans le secteur.

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