Pascal Salin sur la crise

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Le 1er mars 2010 - Une interview du Professeur Pascal Salin sur les origines de la crise. Le Professeur Salin vient de publier "Revenir au capitalisme pour éviter les crises", Odile Jacob, 2010, qui ne manquera pas de stimuler le débat d'idées.

Commentaires

Excellentes explications du

Excellentes explications du professeur Salin. Tout est dit. Voilà une leçon d'économie qui devrait passer en prime time sur une grande chaîne de TV.

@ Rhéteur9: Merci de votre

@ Rhéteur9: Merci de votre commentaire, le débat a le mérite d'exister donc.
Avez-vous bien suivi la vidéo ? Effectivement l'interventionnisme a distordu les mécanismes de responsabilité sur les marchés. Cela ne signifie pas que des banquiers ne sont pas pourris. Cela signifie que si beaucoup d'entre eux se sont comportés de manière irresponsable, ça n'est pas du fait du manque de régulation, mais de certaines régulations ôtant précisément la responsabilité du système - qui ne peut absolument pas fonctionner sans elle. C'est sa boussole. Ensuite, la politique monétaire, ça n'est effectivement pas le marché ; Fannie Mae et Freddie Mac, non plus : l'American dream Downpayment Act, non plus ; le CRA non plus...

Bonjour, Banque incitées à

Bonjour,
Banque incitées à prêter sinon sanctionnées ? et Pourquoi une mauvaise politique monétaire ?
Les banques centrales ont incité les banques à prêter toujours plus aux spéculateurs, nourrissant, de « bulle » en « bulle », l’inflation financière et immobilière, au lieu de stimuler les investissements créateurs d’emplois et favorables à l’élévation du potentiel de création de valeur ajoutée dans l’économie mondiale. Aucune sanction n’était prévue ! C’est le fonctionnement capitalistique qui va et veut toujours accumuler du capital plus et plus vite, quitte à mentir. La politique monétaire n’est pas décidée par les Etats mais par des lobbys.

Un prêteur en dernier ressort ? c’est qui vraiment ?
C’est vrai qu’il existe un prêteur au bout du bout mais… c’est le contribuable. M. Salin oublie de le préciser, c’est lui vers qui ont va se tourner pour payer la douloureuse.

M. Salin parle aussi des vrais banquiers, des vrais capitalistes, il ne voit pas que le capitalisme à changé sa façon de maximiser du capital grâce aux outils financier mais reste par nature une accumulation de capital. Il prend avec nostalgie l’exemple « d’un capitalisme de propriétaire qui prend des décisions responsables » comme si l’on pouvait accumuler de façon « responsable » sans léser de façon irresponsable une partie de la population.
Son raisonnement tend à dire qu’avant la « crise » tout était…parfait : Ah, le bon vieux temps où l’on accumulait tranquillement sans que ça pose problème… !

Le WebGuy dit que certaines régulations ont ôté la responsabilité du système. De quelles régulations s’agit-il ? et surtout question plus centrale : pourquoi les marchés ne doivent pas être régulés ?

Cordialement,

1. "Banque incitées à

1. "Banque incitées à prêter sinon sanctionnées ?"
>Oui : Equal Credit opportunity Act de 1974, Community Reinvestment Act de 1977 (qui prend toute son importance en 1995 quand les banques américaines peuvent - enfin ! - ouvrir des branches entre états et qu'il faut négocier les autoristations). D'une certaine manière l'American Dream Downpayment Act de Bush en 2003, qui réduit considérablement l'apport personnel.

2. "Pourquoi une mauvaise politique monétaire ?... La
politique monétaire n’est pas décidée par les Etats mais par des lobbys."
> Oui ! Absolument ! Greenspan était le chouchou des financiers. Mais le monopole est d'État, excusez du peu.

3. Un prêteur en dernier ressort ? c’est qui vraiment ?
C’est vrai qu’il existe un prêteur au bout du bout mais… c’est le
contribuable. M. Salin oublie de le préciser, c’est lui vers qui ont va
se tourner pour payer la douloureuse.
>En bon libéral Pascal Salin est parfaitement conscient - même s'il n'en parle pas ici - que le PAYEUR en dernier ressort est le contribuable. Il est extrêmement critique à cet égard, soyez-en bien certain ! Les libéraux étaient d'ailleurs contre les bailouts.

4. M. Salin parle aussi des vrais banquiers, des vrais capitalistes, il
ne voit pas que le capitalisme à changé sa façon de maximiser du
capital grâce aux outils financier mais reste par nature une
accumulation de capital. Il prend avec nostalgie l’exemple « d’un
capitalisme de propriétaire qui prend des décisions responsables »
comme si l’on pouvait accumuler de façon « responsable » sans léser de
façon irresponsable une partie de la population.
> Euh... L'accumulation du capital est le facteur premier du progrès économique, et donc, quelque part, j'ose penser... humain. Les deux ne sont pas synonymes bien sûr. Mais malheureusement pas de progrès humain sans progrès économique. Enfin, dans ce monde-ci.

5. "Le WebGuy dit que certaines régulations ont ôté la responsabilité du
système. De quelles régulations s’agit-il ? "
> Lisez entre autres : http://www.unmondelibre.org/Martin_crise_retour_190809
Il faut rajouter les réglementations US datant des années 40 contre la concentration du capital dans les banques holdings qui ont empêché le contrôle par des gros actionnaires ayant un intérêt à long terme, et qui ont donc d'une certaine manière empêché ces derniers de contrôler la bonne gouvernance.

Ensuite, dans le contexte de 1) réglementations permettant l'assurance des dépôts... par les contribuables (filet de sécurité pour les banques et belle incitations à moins bien gérer leurs affaires) 2) de tradition de "bailouts" produisant aussi des incitations déresponsabilisantes, 3) de "Greenspan put" aux USA (si les choses se passent mal, la fed injecte des liquidités pour sauver le système), ("aléa moral" donc), les réglementations internationales de la finance (Bâle I et II) sont venues "dire aux banques" ce qu'elles devaient faire en matière de risque. L'incitation, encore une fois dans le contexte de l'assurance de dépôt, des bailouts, et du Greenspan put aux USA, a été pour elles de se débarasser du risque hors bilan.

On peut - et il faut - critiquer l'irresponsabilité scandaleuse des agences de notation, mais il ne faut pas oublier qu'on leur a délégué la "régulation" d'une partie du système, de manière quasi-monopolistique. Or, les régulations des fonds mutuels  les forçaient à 1) se reposer sur les agences de notation 2) à ne pas diversifier leur tarifs, leur laissant comme unique chance d'augmenter leurs profits en maximisant la taille de leurs actifs gérés (donc accepter peu à peu de plus en plus d'actifs de mauvaise qualité).

Enfin l'explosion des activités de marché des banques au détriment de l'intermédiation s'explique très simplement : les réglementations différentielles des ratios prudentiels, beaucup plus favorables aux activités de marchés. Rajoutez l'argent gratuit de la politique monétaire pour le financement à peu de frais de l'effet de levier, et le tour est joué.

6. et surtout question plus
centrale : pourquoi les marchés ne doivent pas être régulés ?
> Les libéraux ne disent pas que les marchés ne doivent pas être régulés. Ils contestent certains types de régulations. Des penseurs comme Hayek ont passé la moitié de leur vie intellectuelle à comprendre les règles et institutions qui permettent aux marchés de fonctionner justement. (Lisez "La constitution de la liberté, ou Droit, législation et
liberté, ce sont des réflexions sur les règles nécessaires d'une
société libérale). Les penseurs libéraux sont à lapointe de l'économie institutionnelle justement. Le marché dans le vide institutionnel ça ne fonctionne pas. Même Milton Friedman s'est excusé d'avoir conseillé aux Russes au début des 90's de privatiser avant qu'il y ait un état de droit.

En espérant avoir fait avancer le"schmilblick",

Cordialement,

Emmanuel Martin

Bonjour, Quelques réactions

Bonjour,
Quelques réactions :
1. Ces lois ont pour but de faciliter le crédit aux plus pauvres, car le système était depuis longtemps à bout de souffle. C’était un ballon d’oxygène pour continuer à faire fonctionner le capitalisme. Si c’est mesure n’avais pas été mis en œuvre, « la crise » aurait éclatée bien plus tôt. Les banques n’attendaient que cet assouplissement des conditions de crédit, car les gens n’ont plus d’argent, cela a permis de continuer.

2. Aux USA plus qu’ailleurs, ce sont les lobbys très puissants (financiers, armement, pharmaceutique, religieux, racistes…) et puissants thinks tank qui pilotent le système. C’est pour cela que le monopole n’est pas d’État. Quant à Greenspan, c’est un capitaliste, à ce titre il cherche à perpétuer le fonctionnement.

3. merci pour cette précision,

4. Votre raisonnement est faux. C’est peut-être l’une des racines de notre divergence.
L’accumulation ne peut être un facteur de progrès économique et encore moins humain. Premièrement, l’accumulation de capital signifie un assèchement d’argent en circulation et donc un recours aux crédits. Par ce fait, vous perturbez et réduisezl’activité économique. Aux USA (pays le plus avancé dans le libéralisme et le capitalisme) : les 1% les plus riches gagnent plus que le total des revenus des 40% les plus pauvres. L’augmentation du revenu des 5% les plus riches entre 2003 et 2005 a été de 681 milliards. Cette somme est supérieure au revenu des 20% les plus pauvres qui n’ont disposé en tout que de 383 milliards.
Deuxièmement, l’accumulation ne peut pas permettre le progrès humain ! sauf si vous regardez uniquement le « progrès humain » de ceux qui accumulent du capital… pour eux ça va. Si vous vous référez à l’ensemble de la population d’un pays ou même de la terre, vous constaterez que seule la redistribution peut être vecteur de progrès humain. L’accumulation appauvrie certains, sinon sur quelle base peut se faire l’accumulation ?. (Les 84 individus les plus riches du monde détiennent une richesse supérieure au PIB de la Chine et de ses 1,3 milliards d’habitants !). La pauvreté que cela entraîne détruit les liens sociaux, la fraternité et augmente la violence qui résulte de la frustration d’être exclus.

5. Les années 40 sont finies, je crois ! Vous pouvez constater une concentration du capital dans des fonds d’investissement, des actions… dans la finance finalement.

6. La meilleure façon de faire fonctionner les marchés de façon juste c’est de veiller à gommer les inégalités (financières, sociales…) inhérentes entre les hommes. Ce sont ces inégalités qui, si pas corrigées, finissent par détruire le fonctionnement de l’économie. La liberté va d’ailleurs de pair avec l’égalité…

Cordialement,

1. Oui, mais il n'y a pas

1. Oui, mais il n'y a pas de baguette magique, quand un droit est créé ex nihilo sans contrepartie productive.

2. Ok sur les lobbies.  Mais ils ne vont pas tous dans le même sens. Et la politique monétaire est aussi très influencée par la théorie monétaire. Quant à "Greenspan le capitaliste"... je ne vois pas trop la critique.

3. Euh... bis. L'accumulation du capital est l'origine première du progrès économique, depuis que le premier homme a compris qu'il pouvait fabriquer une canne à pêche (accumulation de capital) plutôt que de pêcher avec ses mains. Sur les inégalités, ok. Mais je demande pourquoi les individus les plus riches le sont ? Parce qu'ils ont spoliés, asservi le reste ? Ou parce qu'ils, pour ceux qui ne sont pas des héritiers, ont créé des services?

5. Quand les réglementations sont toujours valables, même s'ils ont été passées dans les années 40, elles sont touours en vigueur. (je ne comprends pas la remarque).

6. Pourquoi faire fonctionner les marchés si l'accumulation du capital ne permet pas le progrès ? Autant les interdire, il n'y aura plus d'inégalités. 

Cordialement,

Emmanuel Martin

1. Oui, mais il n'y a pas de

1. Oui, mais il n'y a pas de baguette magique, quand un droit est créé ex nihilo sans contrepartie productive.
> c’est à dire ?

2. Ok sur les lobbies. Mais ils ne vont pas tous dans le même sens. Et la politique monétaire est aussi très influencée par la théorie monétaire. Quant à "Greenspan le capitaliste"... je ne vois pas trop la critique.
> Ce que je sous entends, c’est que ce sont les lobbies qui pilotent et non l’Etat. La théorie monétaire et les doctrines libérales vous brident dans votre réflexion. Elles vous obligent à tordre la réalité pour la faire rentrer dans le moule de la théorie monétaire. Greenspan est le choucou des financiers car il défend le systéme capitaliste.

3. Euh... bis. L'accumulation du capital est l'origine première du progrès économique, depuis que le premier homme a compris qu'il pouvait fabriquer une canne à pêche (accumulation de capital) plutôt que de pêcher avec ses mains. Sur les inégalités, ok. Mais je demande pourquoi les individus les plus riches le sont ? Parce qu'ils sont spoliés, asservis le reste ? Ou parce qu'ils, pour ceux qui ne sont pas des héritiers, ont créé des services?
> vous êtes encore sous l’emprise d’Hayek  ! Comment voulez-vous que tout monde puisse accumuler de façon égale ? Comme nous vivons dans un monde fini, si vous pronez l’accumulation, au bout d’un moment, vous serez amené à spolier et à en asservir d’autres ! Sinon, comment voulez-vous faire pour continuer à accumuler du capital ??
Si votre homme revend ses poissons, achète 10 nouvelles cannes à pêche et embauche 5 salariés, ce nouveau patron ne divisera pas le pactole en parts égales, car il voudra maximiser son profit. Il introduira de fait une inégalité de rémunération... Si d’autres s’installent non loin ce sera la concurrence : les cadences de pêche vont augmenter et la part des salaires tendra à diminuer pour baisser le prix du poisson et gagner les ventes sur le marché. La concurrence n’a pas lieu d’être, car le lac regorge d’assez de poissons pour nourrir les villageois … Idem sur notre bonne vieille Terre : il existe assez de ressources pour tous. Problème : la concurrence introduite finira par amener un état de pénurie réel.

5. Quand les réglementations sont toujours valables, même s'ils ont été passés dans les années 40, elles sont toujours en vigueur. (je ne comprends pas la remarque).
>à prioris cette réglementation n’empêche pas l’accumulation. Cette loi est antérieure à l’explosion de la finance comme nouveau moyen d’amasser du capital.

6. Pourquoi faire fonctionner les marchés si l'accumulation du capital ne permet pas le progrès ? Autant les interdire, il n'y aura plus d'inégalités.
>ceux qui valorisent les marchés et vantent leur « méritent » ont un intérêt, c.a.d que pour eux, l’accumulation fonctionne très très bien. Ils sont PDG, banquiers, traders, hommes d’affaires… et pour eux ça roule ma poule ! Leurs efforts consistent dans la production d’un discours de type « quand on veut on peut » qui permet le gommage des différences sociales… comme s’il s’agissait d’une question de volonté. Certains (peut être vous) trouvent la théorie intéressante, mais quand on leur montre la réalité (pauvreté croissante, chômage, licenciements, délocalisations…) ils disent : « lisez Hayek, lisez ceci, lisez cela et vous comprendrez ! »… Car jamais la théorie ne précise les conséquences réelles de cette accumulation. Il serait évidemment mal venu de préciser que l’énorme richesse de certains est le pendant de l’extrême pauvreté des autres.
Dans cette course à l’accumulation, il faut que les règles tombent de plus en plus, sinon ceux qui accumulent (les plus forts) seront limités. Il est donc nécessaire que tout les secteurs participent à cette concurrence libre et non faussée : santé, université, retraite, énergie, postes… C’est un aller direct pour le moyen-Age, avec des caractéristiques similaires : brutalité, car il faut accumuler à tout prix (suicides, stress, dépressions, maladies…), coups bas (délits d’initiés, mensonges, caisse noire pour « fluidifier »…), prise de risque (construction dans des zones inondables, fonds de placement…), fantastique décalage entre riches et pauvres, société gouvernée par une élite issue de castes héréditaires, peu de valeur accordé à la vie humaine, retour de l'esclavage, retour à la Loi du plus fort, recul de la culture et d'éducation, retour de l'illettrisme, accès à l'éducation réservé aux plus riches, retour des épidémies et des maladies qui avaient été éliminées depuis un siècle : la typhoïde, la tuberculose, la diphtérie, et la gale ont fait leur réapparition en occident à cause du développement de la misère….

Allez, une petitite boutade, qui tombe pile dans notre sujet, pour finir ce post: « Le capital est du travail accumulé. Seulement, comme on ne peut pas tout faire, ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent. » (Gilles Bonafi)

Cordialement,

Pour éviter les crises,

Pour éviter les crises, revenir au capitalisme ? (Pascal Salin)
On pourrait croire à une mauvaise plaisanterie, une blague, une provocation ironique ! Mais non, le livre, existe bel et bien ! On a beau se frotter les yeux, se pincer…. Alors, on clique pour être sûr et… oui, le livre est bien vendu…
Le titre en forme de question (« Pour éviter les crises, revenir au capitalisme ? ») est particulièrement bien posé. Car, il insinue d’une part que nous en somme plus dans une économie capitaliste (étonnant !). Mais également, que cette nouvelle organisation économique (qui n’est plus le capitalisme) a causé une « crise ». Et, dernier point induit par le titre : que le capitalisme protège des crises.
Tout un programme…

Piégés par la réalité, les tenants du capitalisme utilisent l’argument fallacieux suivant : « ça fonctionnerait bien s’il n’existait pas quelque chose qui l’empêche de bien fonctionner » ….. En l’occurrence, ici, c’est l’État qui empêche le bon fonctionnement. Le problème, c’est que depuis une vingtaine d’années les gouvernements qui se succédent sont de plus en plus libéraux ! Les préceptes appliqués sont d’inspiration purement capitaliste : TCE, concurrence libre et non faussée, AGCS, assouplissement du droit du travail, suppression de la taxe pro, bouclier fiscal, niche fiscal, privatisation des services publics…
Pendant ce temps les conséquences sont dramatiques : le chômage explose (normal, la recherche de profits réduit les emplois), la dette publique s’envole (baisse des rentrées fiscales et chômage)…
Oui, mais ce n’est pas assez pour que les « bénéfices » du capitalisme s’expriment réellement diront-ils !… il faut poursuivre ! …
C’est dans un entêtement purement dogmatique, qui ne passe pas l’épreuve de la réalité, qu’ils se répètent qu’il faut déréguler pour réguler…… Hallucinant !

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