CEMAC: les hypothèques à l'intégration régionale

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Sali Bouba Oumarou – Le 24 octobre 2011. Dans le cadre du jeu et des enjeux de la mondialisation, l’intégration régionale apparait comme un moyen efficace pour la création d’entités économiques à même de profiter des opportunités du « système monde » et d’en relever les défis. La création en Afrique centrale de la CEMAC en 1994 avait laissé penser que le coup d’accélérateur à l’intégration régionale en Afrique centrale allait enfin être donné. Malheureusement, à la différence de l’Afrique de l’Ouest où des avancées notables en matière d’intégration régionale sont enregistrées, la CEMAC reste quelque peu en marge de la dynamique d’intégration économique qui s’observe sur le continent. Plus d’une décennie après sa création il y a lieu de constater que les objectifs de celle-ci sont loin d’être atteints. Au demeurant, de nouvelles hypothèques bloquent cette initiative : Le renversement brutal du leadership dont jouissait le Cameroun sur le plan économique et le Gabon sur le plan diplomatique L’intégration en Afrique centrale est-elle une chimère ?

Les avantages de l’intégration économique



Depuis 1990, près d’un tiers du commerce international se réalise au sein des aires d’intégration régionale, source de plusieurs avantages pour les Etats dans le contexte actuel de mondialisation. Celle-ci permet l’extension des marchés, source d’économies d’échelles se muant en réduction des coûts de production et en amélioration de la productivité. La concurrence qui nait dans un tel contexte est source d’innovation et incite les entrepreneurs à plus de spécialisation dans la production des biens et des services. S’ensuit un accroissement des investissements endogènes et exogènes au sein de la Zone d’intégration et une élévation de la croissance soutenable – fondamentale pour un recul de la pauvreté. Aussi, l’autre avantage non moins négligeable de l’intégration régionale, est de favoriser la représentativité sur la scène internationale. Aux négociations économiques entre Etats peut se substituer des négociations entre Blocs comme le fait si bien l’Union Européenne.

Tous ces avantages potentiels de l’intégration régionale dépendent avant tout de la suppression délibérée des obstacles à l’intégration et des relations qu’entretiennent les Etats membres. Au niveau de la CEMAC, ces avantages sont encore pour l’instant de simples illusions à cause des hypothèques qui pèsent sur celle-ci.

Une intégration de façade



Malgré quelques avancées sur le plan institutionnel (Parlement communautaire, passeport CEMAC etc) la CEMAC reste caractérisée par un faible niveau des échanges commerciaux entre Etats membres, une absence caractérisée d’infrastructures de transport et la présence intarissable de conflit de leadership entre les Etats membres.

Sur le plan économique la circulation des flux de biens, services et de capitaux entre pays de la zone CEMAC est en deçà du potentiel de la région. Entre les années 2000 et 2007, les échanges intracommunautaires dans la zone CEMAC oscillaient entre 0,5% et 1% du commerce total des Etats membres (Bureau régional CEA-ONU -2006). Alors que dans le même temps les pays membres de la CEDEAO ou encore de la COMESA réalisaient des échanges intracommunautaires de près de 22%.

C’est que les pratiques protectionnistes persistent, et des voies de communications régionales ne sont pas développées. La libre circulation des biens et des personnes, indispensable pour une réelle intégration, n’est pas effective. Au Gabon par exemple, jusqu’en 2011, il était prohibé d’importer du sucre et des œufs. Les protections non tarifaires sont de loin les principaux entravent aux échanges commerciaux dans cette zone (procédures administratives très longues, barrages routiers fréquents, racket des opérateurs économiques par les douaniers). Il suffit pour s’en convaincre de jeter un œil sur le classement des pays membres de cette Zone par le « Doing Business » : Guinée Equatoriale 155ème sur 183, Gabon 156ème, Cameroun 161ème ,Tchad 183ème). Aussi, le Gabon et la Guinée équatoriale continuent, malgré la mise en service du passeport régional, d’exiger aux ressortissants de la CEMAC des visas pour entrer sur leurs territoires. Pire encore, l’on note depuis ces cinq derniers années une récurrence des actes xénophobes de la part de la Guinée Equatoriale autrefois considéré comme le petit poucet de cette aire régionale, mais dont les gisements pétroliers permettent aujourd’hui de revendiquer une reconfiguration des rapports entres les pays membres de cette zone.

En outre, en ce qui concerne les voies de communications régionales (transports), contrairement à d'autres communautés régionales, notamment l'UEMOA où il existe des routes régionales en bonne état, une bonne partie du réseau routier de la CEMAC est défectueux ou impraticable. La conséquence de cette situation est alors l’augmentation considérable des coûts du transport des biens et des services. « Le transport de marchandises entre Douala et N’Djamena coûte six fois plus cher qu’entre Shanghai, en Chine, et le port de Douala. Il dure également deux fois plus longtemps: soixante jours, contre trente jours. » (Anicet Georges Dologuélé Président BDEAC-Jeune Afrique 14/04/2009). De même, aucune voie ferrée nationale n’est interconnectée à une autre, comme en Afrique de l’Ouest. S’il l’on conçoit qu’il existe une symbiose entre infrastructure et croissance (Eustace et Fay 2007), qu’une bonne infrastructure stimule la croissance économique (et inversement, la croissance entraînant l’augmentation de la demande d’infrastructures), il est donc facile par conséquent de comprendre partiellement les causes de l’atonie de la croissance en zone CEMAC (1,5% du PIB réel 2009 –Bureau Régional UNECA).

La persistance des querelles de leadership



Si à ses débuts, les querelles de leadership au sein de la CEMAC se focalisaient essentiellement entre le Cameroun (leadership économique) et le Gabon (leadership diplomatique), il y a lieu de noter que la Guinée Equatoriale, devenue nouvel eldorado du pétrole de la Zone CEMAC, entend dorénavant peser de tout son poids au sein la CEMAC. Détentrice de près de la moitié des avoirs des réserves de change de la Banque régionale (BEAC) et disposant d’un PIB de 11033 dollars/Hbt en 2010 (BEAC-2011), la Guinée équatoriale s’affirme de plus en plus comme étant la locomotive de la région, au détriment du Cameroun qui a toujours eu la précellence économique au sein de la région. Toutefois, la puissance pétrolière de la guinée équatoriale engendre aussi dans le même temps, la peur de l’intégration, la peur de l’envahissement. D’où la récurrence des expulsions des étrangers et le durcissement des conditions de séjour. La question économique est alors de loin au sein de la CEMAC le nid des querelles de leadership. La perception de l’existence de deux bourses de valeurs (une au Cameroun et une autre au Gabon) comme un obstacle à l’intégration témoigne des persistances de ces querelles qui retardent un peu le processus d’intégration au sein de la CEMAC.

En soi, ces querelles pourraient être considérées comme inhérentes à tout processus d’intégration. (France/Allemagne dans le cadre de L’UE), toutefois, elles ne devraient pas affecter son essence même qui est la libre circulation des biens et des personnes. La liberté d’échanger et de créer des richesses. Il va de soi qu’une véritable intégration régionale économique en Zone CEMAC, passe inéluctablement par une bonne dose de volonté politique claire et sans ambigüité pour… dépolitiser l’intégration régionalisation.

Sali Bouba Oumarou est analyste sur www.UnMondeLibre.org.

















Commentaires

Mr Etoua Jean Blaise,sans

Mr Etoua Jean Blaise,sans pour autant prétendre être historien,et avec mes legères connaissances de l'histoire des peuples et des royaumes de l'Afrique centrale {dont ceux du Cameroun} (Bamoun,Mandara,Peuls,Douala) qui existaient bien avant l'arrivée des colons;Il est indéniable que c'est le commerce et l’échange qui a permis à ces royaumes de vivre et de prosperer.D'ailleurs Jacques Champaud dans une étude for interessante de cette région, caractérise ce commerce de "très actif".En outre, il ne faut pas perdre de vue que les territoires des Etats actuels qui forment ce qu'on appelle "l'Afrique centrale" ce sont peuplés au fil des migrations (hormis certains peuples tels des pygmées)des populations dont la plupart étaient des commerçants (Recherche des marchés pour échanger)...Sinon Pourquoi trouvons nous des peuls tant au Cameroun que dans les autres pays dits de l'Afrique de l'Ouest? ou encore les bantous tant au Cameroun,au Gabon,qu'en Centrafrique?..Ceci pour vous dire que, vous conviendrez avec moi, que la distinction Afrique de l'Ouest et Afrique centrale sur laquelle vous vous basez pour dire qu'il n'existait de marché en Afrique centrale ne tient pas la route.Celle ci n'existait pas d'ailleurs.De même que les frontières actuelles.
Enfin,il ne faut pas aussi oublier que les premiers Européens qui viennent en Afrique centrale sont avant tout des explorateurs et des commerçants qui échangent avec les peuples de cette région de l'Afrique.Comment dès lors affirmer que les marchés n'existaient pas en Afrique centrale.Bien à vous

Merçi Sali Oumarou pour cet

Merçi Sali Oumarou pour cet article qui brille par sa justesse et sa véracité...Il est important de rappeller que l'intégration régionale et sous-régionale est un moteur important de la croissance et du progrès économique tous deux facteurs essentiels au développement, ceci s'étant vérifier dans toutes les zones économiquement existantes(ASEAN;UE;AGOA...).Ca va sans le dire mais ça va mieux en le disant, le commerce international moderne s'effectue majoritairement dans le cadre de ce que nous pouvons appeller ACR (accord de commerce régional) qui peut se faire entre Etats géographiquement proches du type Mercosur ou entre Etats géographiquement éloignés du type AGOA ou ACP.L'Organisation Mutulatérale du Commerce recommande même ce type de rassemblement pour coller à l'efficacité économique.
L'intégration économique que constitue la CEMAC reste en mon sens une idée noble à concrétiser pour qu'elle prenne tout son sens; il faudrait doter la communauté de véritables instruments économiques pour que les objectifs qui lui sont prescrits soient atteints;Il faudrait réaliser le marché commun avec une démoliton des barrières tarifaires et non tarifaires, il faudrait une politique économique commune ce qui suppose une homogeneité des systèmes économiques,il faudrait une stabilité des institutions plus performantes avec des politiques qui soient lisibles et enfin il faudrait réaliser l'union économique et ne plus se limiter juste à l'union monétaire qui n'est qu'une union de façade.

Mr Paddy Mveng,je vous

Mr Paddy Mveng,je vous remercie pour votre commentaire.Je suis tout à fait d'accord avec vous lorsque vous dites que la CEMAC est une idée noble.Je dirai même plus une nécessité....mais voila comme vous le constatez si bien par vous même il y'a encore des efforts à faire.Et cet article s'inscrit dans le cadre de ces efforts.Bien à vous.

mon chère sali je suis

mon chère sali je suis totalement d'accord avec toi,surtout que la cemac à de tres bons textes.par exemple,les règlements N°1 et N°4 sur la concurrence dans la zone sont magnifique mais la non liberté et circulation des biens et personnes empeche deja son application...ensuite s'agissant du développement économique,on constate qu'il y'a trop d'ententes et de monopoles entre les entreprises implantés dans les pays de la zone.AU cameroun,MTN et ORANGE empechent la venu d'un nouvel opérateur de téléphonie et cela fausse le jeu de la concurrence qui est primordial dans un marché.Le ciment,ce n'est que récemment qu'on en a autorisé son importation...
En réaction à Jean blaise,avoir un réseau routier ou ferré reliant les pays membres de la cemac serait une aubaine pour les bailleurs de fonds car le transport seulement rapporte plus qu'au simple niveau national.ce serait donc profitable contrairement à ce dont t'as dit.Et aussi je ne vois pas le rapport avec la francafrique...à ce que je sache c'est pas la francafrique qui dit au Gabon ou à la Guinée d'expulser les gens.mais surtout l'intégration est effective en afrique en de l'ouest pourtant la majorité de ces pays membres font parti de la francafrique...
en définitive,l'afrique centrale est envahie par les ego de chaque pays membres surtout de la part du nouveau riche.

Cet article est la preuve

Cet article est la preuve palpable de la propagande néolibérale occidentale sur les avantages de l'intégration à l'occidentale. Même s'il a le mérite de traiter des conséquences de l'absence d'intégration dans cette zone,cet article par contre ne fait pas état des vraies causes de cette absence d'intégration: la politique internationale. Pour preuve il reste constant que l'absence d’inter-connexité des voies ferrées et autres a pour cause la politique des bailleurs de fonds qui ne financent que les projets qui les profitent: pourquoi donc financer les projets qui faciliteront la vie des Africains de la sous région?
En outre le problème de leadership n'est que la conséquence de la politique de la francafrique qui a été imposée depuis des lustres et dont l'objectif est de piller aveuglement les richesses des pays de cette sous région. Bien sûr que vous allez me rétorquer que les populations de ces pays votent librement leurs dirigeants. Mais je vous dirai qu'à condition que ces dirigeants ne soient pas des patoches: ce qui n'a pas été le cas de Laurent GBAGBO et tout récemment de Mr Paul BIYA Président du Cameroun. Donc quand les intérêts des Occidentaux sont protégés, tel Président devient démocratiquement élu et quand ces intérêts de le sont pas , tel autre devient un antidémocratique. Donc les populations de la zone CEMAC ne sont pas les seuls responsables de cette situation.

Je vous remercie pour

Je vous remercie pour réaction à cet article.J'aimerai bien réagir quant à votre appreciation.
Selon vous,les "vraies"causes de "l'absence d’intégration" au sein de la zone CEMAC sont à situer au niveau des facteurs exogènes(Mauvaise foi des bailleurs de fonds,francafrique etc..);Sans pour autant dire que des facteurs exogènes n'influent pas sur le processus d’intégration en Afrique centrale,je ne dirai pas pour autant qu'elles sont les veritables causes de "l'absence d’intégration" en Afrique centrale.
Déjà,il faut préciser qu'on ne saurait dire que l’intégration en Afrique centrale est absente comme vous le soulignez dans votre commentaire.Il serait plutôt judicieux de dire qu'elle est atone.Et l'objectif de cet article est évidemment d'essayer de dire le pourquoi!
Ensuite, vous conviendrez avec moi que la moelle epiniere de tout processus d’intégration est la libre circulation des biens et des personnes.Et pour que celle ci soit effective,il est nécessaire d'avoir un environnement institutionnel propice à cela.Avons nous besoin à ce niveau des bailleurs de fonds pour l'instauration de cet environnement propice à l’intégration régionale? Comment expliquer la recrudescence des actes xénophobes dans cette région ces dernières années alors que les peuples de cette région ont une certaine histoire commune,des langues communes etc ?Comment expliquer qu'un coté que le Gabon et la guinée équatoriale continuent d'exiger des visas et durcissent de jours en jours les conditions de séjour des ressortissants des autres pays y compris ceux de la CEMAC? Comment expliquer la dégradation continuelle du climat des affaires dans ces pays?.
Enfin,je pense à mon humble avis,que le véritable problème de l’intégration en Afrique centrale c'est la persistance des velléités protectionnistes de diverses formes et le problème de gouvernance qui minent l’intégration en Afrique Centrale.

Je vous remercie pour

Je vous remercie pour réaction à cet article.J'aimerai bien réagir quant à votre appreciation.
Selon vous,les "vraies"causes de "l'absence d’intégration" au sein de la zone CEMAC sont à situer au niveau des facteurs exogènes(Mauvaise foi des bailleurs de fonds,francafrique etc..);Sans pour autant dire que des facteurs exogènes n'influent pas sur le processus d’intégration en Afrique centrale,je ne dirai pas pour autant qu'elles sont les veritables causes de "l'absence d’intégration" en Afrique centrale.
Déjà,il faut préciser qu'on ne saurait dire que l’intégration en Afrique centrale est absente comme vous le soulignez dans votre commentaire.Il serait plutôt judicieux de dire qu'elle est atone.Et l'objectif de cet article est évidemment d'essayer de dire le pourquoi!
Ensuite, vous conviendrez avec moi que la moelle epiniere de tout processus d’intégration est la libre circulation des biens et des personnes.Et pour que celle ci soit effective,il est nécessaire d'avoir un environnement institutionnel propice à cela.Avons nous besoin à ce niveau des bailleurs de fonds pour l'instauration de cet environnement propice à l’intégration régionale? Comment expliquer la recrudescence des actes xénophobes dans cette région ces dernières années alors que les peuples de cette région ont une certaine histoire commune,des langues communes etc ?Comment expliquer qu'un coté que le Gabon et la guinée équatoriale continuent d'exiger des visas et durcissent de jours en jours les conditions de séjour des ressortissants des autres pays y compris ceux de la CEMAC? Comment expliquer la dégradation continuelle du climat des affaires dans ces pays?.
Enfin,je pense à mon humble avis,que le véritable problème de l’intégration en Afrique centrale c'est la persistance des velléités protectionnistes de diverses formes et le problème de gouvernance qui minent l’intégration en Afrique Centrale.

bonjour monsieur SALI BOUBA

bonjour monsieur SALI BOUBA OUMAROU,
je suis très content de relire votre réaction ci-dessus. Mais je réaffirme que les facteurs exogènes restent plus importants que ceux endogènes. Pour preuve comment pouvez vous m'expliquer le fait qu'une même société française construit le chemin de fer au Cameroun et au Gabon en prévoyant que les rails d'un côté ne puissent pas permettre au train de l'autre côté de pouvoir circuler normalement( cause de l'entrave à intégration).
Autre preuve le fait que la "Communauté internationale" ( on ne sait ce que sait) impose dans nos pays , bien sûr aussi en Afrique de l'Ouest, des Chefs d’État à leur solde, sans légitimité. Or ce sont ces chefs d’État qui doivent prendre des décisions importantes pour leur pays: Or comme ce ne sont pas les peuples qui les installent au pouvoir, absence de légitimité, ces derniers ne peuvent que respecter ceux qui les aident à rester au pouvoir: La fameuse communauté internationale. la différence avec la zone UMEOA est que cette dernière a en son sein des pays anglophone qui ne sont pas concernés par la francafrique: donc les méthodes de cette nébuleuse ne les concernent qu'indirectement contrairement à la zone CEMAC
Pour ce qui est du protectionniste et de la xénophobie dont vous parlez, je suis camerounais et mes grand-parents vivent en Guinée Équatoriale. Je vous assure qu'il est normal pour ce pays de chasser les camerounais car non seulement nous avons toujours assumé notre hégémonie dans la sous région, ce qui a peut être créé des frustrations, mais aussi et surtout il reste constant que le Cameroun est l'Allemagne d'Afrique avec sa tribu BAMILEKE et aucun autre pays, y compris les pays occidentaux, n'a intérêt à nous voir envahir comme des essaims d'abeilles d'autres pays.
En conclusion, si ces actes xénophobes n'existaient pas , ce pays voisin verra sa prospérité nous profiter surtout au Cameroun à cause du dynamisme de son peuple.
Pour le reste nous sommes tous d'accord sur les principes, les causes et les conséquences de l'intégration économique en zone CEMAC.
Great Regards

Mr Etoua Jean Blaise. Je

Mr Etoua Jean Blaise.
Je respecte votre avis.Toutefois permettez moi de vous dire qu'il y a quelques contradictions dans celui ci.
A la fin de votre commentaire vous dites que nous sommes "d'accords sur les principes,les causes,et les consequences de l'integration economique en Zone CEMAC".Si j'ai bien compris cela voudrait dire que vous êtes d'accord qu'il faut une integration en Zone CEMAC.Mais dans le même temps vous "qu'il est normal pour ce pays (la guinée equatoriale) de chasser les camerounais.Je vous assure que là j'ai un peu du mal à vous suivre.Comment peut on être pour l'integration économique et en même etre contre l'essence même de cette integration qui est la liberté de circulation des biens et des personnes?
Les Bamilékés que vous caractérisez "d'envahisseurs",vous êtes vous demandez une seule seconde pourquoi réussissent ils où les autres n'arrivent pas?. Moi je vous répondrai en vous disant qu'ils savent utiliser la connaissance de temps et de lieu et sont conscients que la richesse se créait par l’échange.Lorsqu'un Bamiléké par exemple part investir en Guinée Équatoriale,c'est un gain ou une perte pour ce pays? Lorsque ce dernier devient riche par l’échange et ses activités prospèrent croyez vous qu'il est le seul à bénéficier de cela?
Je vous dirai non,car il y a des mécanismes de redistribution de cette richesse qui va bénéficier laissez moi vous le dire au monde entier.Comment par une coopération directe et indirecte. notre Bamiléké pourra s'acheter par exemple une voiture pour transporter ces marchandises.Cette voiture a été assemblée en Chine,et les pièces de celle ci construites en Allemagne avec des matières premières venus de l'Angola.Et il ne faut pas oublier que pour faire rouler cette voiture il faudra embaucher un chauffeur qui doit nourrir une famille....etc....etc.....etc....Bien à vous

Si les difficultés de ce

Si les difficultés de ce processus d'integration est relié au schema d'integration France/Allemagne pour l'UE ,il ne faut pas oublier que les difficultés de l'UE ont eu aussi pour origine les conflits entre Allemagne et France depuis 1870 .
Je pose la question si donc les difficultés d'integration des ex-colonies françaises ne vient pas des difficultés de l'application des accords de Berlin ( 1875 )apres les promulgation des lois coloniales Françaises .

Deja il faut préciser une

Deja il faut préciser une chose.Nous ne soutenons pas l'idée que "les difficultés de ce processus d’intégration sont reliées au schéma d’intégration France/Allemagne pour l'UE". Nous soutenons par contre l'idée selon laquelle,les querelles de leadership sont inhérentes à tout processus d’intégration.Ce qui ne veut pas dire pour autant que ces querelles de leadership sont toutes nocives.Certaines querelles de leadership peuvent naitre du fait de la concurrence économique qui éclot dans un environnement d'innovation et de libre d’échange(recherche du leadership économique). Toutefois,la politisation de ces querelles de leadership ou de l’intégration peuvent porter atteinte à l'essence même de l’intégration (libre circulation des biens et des personnes) comme c'est le cas de la CEMAC actuellement.
Quant à savoir maintenant si les difficultés d’intégration ne viendraient pas des difficultés d'application des accords de Berlin 1875.......je dirai non dans le contexte actuel. Pourquoi?...il suffit juste de regarder les avancées de l'UMOA (Majoritairement composés d'ex colonies françaises) où il est possible pour les citoyens des différents pays de se déplacer sans visas où il existe des routes régionales,où il existe une voie ferrée régionale etc...ce qui n'est pas le cas en CEMAC où beaucoup reste à faire dans ces différents domaines.....

Monsieur SALI BOUBA

Monsieur SALI BOUBA OUMAROU,
Je voudrai tout simplement ajouter , suite à vos susdites observations, qu'il ne faut pas oublier qu'avant l'arrivée des Colons( Anglais, Français, Portugais, Espagnols et Allemands) l'Afrique de l'Ouest connaissait déjà un grand essor économique avec ses grands marchés et qui dit marchés dit circulation des biens et des hommes( Voir un article d'un économiste ghanéen publié il y a quelques jours dans ce site). Or dans la même période les grands marchés, sinon les marchés, n'existaient pas dans la zone d'Afrique Centrale. Donc les colons n'ont fait qu'activer ce qui existait déjà en Afrique de l'Ouest et tenter de faire naître ce qui n'existait pas encore en Afrique Centrale.

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