Copenhague : Climat de science ?

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Emmanuel Martin – Le 30 novembre 2009. Le désormais célèbre Climate Gate a ravivé le débat sur l’origine des changements climatiques et pose la question de la manière dont est parfois conduite la science : de quoi inspirer les décideurs à Copenhague.

La science est un processus d’accumulation de la connaissance par la critique : des théories ou des hypothèses sont proposées et examinées (du point de vue de leur cohérence interne et de leur adéquation avec les observations). Les théories mauvaises sont écartées ou améliorées : la science « avance » dans un processus d’essai-erreur-correction. Il existe alors à tout moment du processus scientifique deux catégories de débats. Ceux qui sont réglés parce que toutes les preuves ont été apportées pour corroborer les hypothèses ou théories dominantes et que la critique a cessé (la Terre n’est pas plate, et aucun scientifique ne revient sur cette question). Ceux qui sont encore ouverts et nécessitent que le processus critique continue.

Le débat sur le réchauffement climatique relève de la deuxième catégorie : la climatologie est d’abord une science du complexe qui est loin d’avoir intégré tous les déterminants de l’évolution du climat (comme les nuages par exemple). Ensuite, il existe un débat entre scientifiques respectables sur la question des causes du réchauffement, avec, il est vrai, une minorité (estimant que l’activité solaire est un facteur majeur de l’évolution du climat) face à une majorité. Le débat est d’ailleurs tel que l’Académie française des sciences la semaine dernière s’est refusée à trancher tant les divergences de ses membres étaient importantes.

Ici, le concept de « consensus scientifique » est problématique. Veut-il dire vérité ? Celle-ci ne serait alors plus déterminée à l’aune de preuves et de falsification de théories, mais de ce que « croit » la majorité des scientifiques à un moment t. Dans les années 1950 le consensus était qu’il n’y avait pas de dérive des continents… Vingt ans plus tard c’était l’inverse, parce que de nouvelles preuves avaient été apportées. Les difficultés à trouver des preuves et à apporter la critique, ainsi que parfois l’utilisation commune de données de mauvaise qualité et  des mêmes modèles peuvent expliquer le consensus erroné. Le consensus s’explique aussi par des raisons sociologiques : effets de réseau, « reproduction » par la formation même des jeunes scientifiques, non exposition de ces derniers aux théories minoritaires, intérêts économiques (en termes de financements de la recherche) à soutenir le consensus. D’où parfois un affaiblissement du processus critique de la science et l’amplification « non-scientifique » du consensus.

La climatologie est une science incomplète et il y a débat sur la question du réchauffement : il est donc illégitime, voire anti-scientifique, de proclamer que la question est réglée. Or c’est ce que disent certains chercheurs affiliés au GIEC, comme Thomas Stocker, qui qualifie les sceptiques de l’origine anthropique du réchauffement de « négateurs ». Pour Raymond Pierrehumbert les sceptiques de la courbe de Mann sont les « Chevaliers de l’ordre de la Terre plate ». Des journalistes ont comparé les sceptiques à une espèce de religieux. Voilà donc qu’on inverse les rôles : alors que le scepticisme est la qualité première en sciences, les sceptiques (au sein d’une science incomplète et en débat) seraient désormais … des dogmatiques.

Il y a plus grave. Les emails, récemment dévoilés, entre des membres du Climatic Research Unit, notamment son directeur Phil Jones, et, entre autres, Michael Mann (auteur de la courbe terrifiante en forme de crosse de hockey) démontrent que ces « climato-alarmistes » se sont livré à des fraudes scientifiques : manipulation de données, refus de dévoiler des données, tentatives de corruption des responsables de la loi sur la liberté de l’information britannique, pressions sur des pairs et des revues publiant des thèses opposées... Point important : ces scientifiques contrôlaient les données utilisées par les scientifiques du monde entier. M. Mann est depuis peu sous le coup d’une enquête de son université (Pennsylviana State University, USA) et des scientifiques du GIEC ont demandé son éviction du GIEC.

Enfin, la thèse du GIEC pose que le CO2 produit par l’activité humaine entraine un réchauffement climatique par l’effet « serre » de ce gaz. La concentration de C02 dans l’atmosphère est passée d'environ 270 à 387 ppm (partie par million) en un siècle. Le réchauffement au cours du XX° siècle est de l’ordre de 0,74°C. Cela suffit-il à en tirer une causalité ? Premièrement les mesures du niveau de CO2 et de température depuis des milliers d’années, issues des carottes glaciaires, indiquent que les variations de CO2 suivent les variations de températures : un sens de causalité inverse à celui du GIEC. Il est possible que la causalité soit inversée aujourd’hui du fait d'un effet de seuil dans la concentration de CO2. Mais alors deuxièmement, pourquoi le réchauffement climatique annoncé se fait attendre depuis une décennie puisque les températures se sont stabilisées alors que la concentration de CO2 a augmenté (387 ppm aujourdh'ui) ? Les dix dernières années ne confirment donc pas la théorie du GIEC.

Nous sommes donc en présence (1) d’un débat scientifique réel non clos sur le réchauffement ; (2) de fraude scientifique de la part de climato-alarmistes du GIEC, de premier plan et contrôlant les données (3) d’une théorie du GIEC qui n’est pas confirmée par les observations. La raison porte à conclure qu’il est trop tôt pour prendre, au niveau national et international, des mesures fondées sur un soit-disant consensus scientifique, qui détournent des ressources de problèmes écologiques réels et auront des conséquences développementales considérables. Laissons faire la science.

Emmanuel Martin est analyste sur UnMondeLibre.org.

Commentaires

copenhague : climat de science ?

Je partage entièrement les propos de cette analyse. La science est une boite noire, il y a de plus en plus en plus des publications sientifiques marketing, de lobbies scientifiques qui font pression sur d'autres. Le lasers est une révolution scientifique, pourtant, sa thèse n'a pas été publiée dans de grandes revues scientifiques. N'empêche qu'aujourd'hui, on l'utilise partout. Galileo dit Galilées avait été traité de fou en affirmant que la terre est ronde, Wegener de n'être pas géologue pour parler de la terre, de la dérive des continent( Pourtant, bien plus tard, Hess, confirma la théorie de Wegener en y apportant plus de précision : le théorie de la tectonique des plaques lithosphériques). La science est complexe, pleine de rivalité, il manque de consensus et, heureusement sinon, elle n'évoluerait plus.

Mais devant l'ampleur de la situation du changement climatique, aussi sceptique soient les théories des uns et des autres, la réalité est là, les conséquences du rechauffement sont visibles. La relation concentration de CO2-température est établie, et dans certains cas, elle parait complexe. Il y a pas de certitude en science, chaque vérité d'aujourd'hui est une hypothèse pour demain. Une simple hypothèse. Mais le GIEC a plus de chose à prouver que les autres lobbies scientifiques, les correlations rechauffement climatque -impacts antrophiques sont trop évidentes, du moins l'amplification du phénomène par rapport aux temps géologique.

Donc je pense que le principe de précaution doit s'appliquer, même si ça reste un débat scientifique, la planète doit être protégée, du moins la contribution de l'homme dans le processus, dimuniée. C'est la raison de tous ces sommets. Ils ne discutent pas les causes du rechauffement, de nombreuses études mettent en évidence que les ruptures de concentration de gaz, températures deviennent trop importantes à partir de 1970 (réponse climatique, hydrologique des systèmes...) et depuis peu, les troubles de l'habitat pour la biodiversité( extinction des espèces, migration des autres vers un habitat plus adapté...). Les question de ces sommets, c'est que faire ? qu'allons -nous faire ? car c'est bien de l'avenir de tous qu'il est question, c'est bien l'avenir de l'espèce humaine (associées aux autres espèces bien entendu) qui est en jeu.

On ne peut pas, on ne plus plus attendre les conclusions des querelles scientifques pour agir, il faut agir, il faut sauver la planète

Matchiv

Principe de précaution

Merci de votre commentaire.

Le principe de précaution implique aussi que si l'on a des ressources à affecter à des problèmes écologiques certains et actuels ou à d'autres problèmes écologiques incertains et dans 100 ans, on n'inverse pas les priorités : on s'occupe des problèmes d'aujourd'hui. Ensuite, si les mesures en question pour lutter contre le réchauffement climatique d'origine incertainement anthropique impliquent en plus d'arrêter le développement des deux tiers de l'humanité, il y a peut-être un problème.

Dépassons les questions de logique

Il semble qu'il y ait déjà des problèmes...
Effectivement on ne manque pas de ressources (qu'elles soient techniques, économiques), juste de volonté politique de justice et de partage.
Anthropique ou pas, on pourrait peut-être s'accorder à attribuer une part de la responsabilité des changements climatiques en cours aux activités humaines puisqu'il semble indéniable que le forçage radiatif puisse diminuer avec l'augmentation de la quantité de GES. Donc la possibilité d'amplifier, d'accélérer un phénomène peut-être naturel, avec le risque d'atteindre des points de déséquilibre du système bio-climatique vers une rupture catastrophique. Et donc parmi les mesures de précaution, celle de réduire les émissions anthropiques de GES de façon à ne pas aggraver ou risquer la rupture me paraît nécessaire.
Certes, d'autres problèmes sont à considérer, et peut-être plus urgents, mais comble de l'opportunité, les solutions radicales qu'appelleraient une réduction drastique des émissions de GES s'avèrent salutaires vis-à-vis de la plupart des problèmes de nos civilisations expansionnistes. Telle que la refonte de nos sociétés industrialisées gloutonnes, elles qui creusent plus que jamais l'écart entre les possédants et les laissés pour compte, au mépris de la dignité humaine et de la dégradation (hors déréglement clim.) du milieu. Beaucoup savent aujourd'hui que notre mode de vie (bien que fort disparate) n'est pas équitable ni soutenable, et sont conscients des transformations colossales qui s'annoncent. La question est plutôt de s'emparer collectivement et sereinement de cette question, de faire face lucidement à nos errements et à nos responsabilités respectives, pour créer les conditions qui permettront d'amorcer les mutations, courageusement et sobrement.

climategate

Vous avez trés bien résumé la situation mais j'apporterai une petite correction à vos propos concernant la proportion des pro RCA et des "sceptiques" dans le monde scientifique.
Il semble que la part des scientifiques neutres voir attentistes soit la plus majoritaire.
Outre des résultats contradictoires sur la causalité anthropique, les modèles mathématiques du GIEC restent les plus sujets à controverse (cf l'étude de Gerlich & Tscheushner).

Modèles

Merci de votre commentaire. Les chiffres sont contradictoires, je ne peux pas me prononcer.

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